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Hadopi : le défaut de sécurisation en action

Un plan sans accroc… Ou presque ! Un dijonnais a été convoqué par la Hadopi fin juillet pour avoir téléchargé illégalement le film « Agence tous risques ». Problème, le retraité convoqué nie toute implication. Qu’à cela ne tienne, le protagoniste risque d’être poursuivi pour défaut de sécurisation…

Il est des jours comme ça, où la malchance semble vous avoir désigné vous, personnellement. C’est probablement ce qu’a du ressentir ce retraité dijonnais, convoqué par la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet. Oui, la Hadopi. « La rencontre a été courtoise« , en dépit de l’accusation de téléchargement illégal. Le retraité a nié les faits, mais la Hadopi dispose de son adresse IP, contrôlée et confirmée par la société TMG. C’est là qu’entre en jeu le fameux « défaut de sécurisation« , encore appelé « négligence caractérisée« .

Qu’est ce que la négligence caractérisée ?

Selon les textes d’application de la loi Hadopi, « constitue une négligence caractérisée (…) le fait, sans motif légitime, pour la personne titulaire d’un accès à des services de communication au public en ligne, (…) soit de ne pas avoir mis en place un moyen de sécurisation de cet accès, soit d’avoir manqué de diligence dans la mise en œuvre de ce moyen » (Décret du 25 juin 2010). Cela signifie que, pour ne pas être en faute, il faut sécuriser sa connexion (sans que l’on sache ce que cela signifie dans les faits ou comment y parvenir). Et si jamais la connexion est sécurisée, mais qu’elle sert tout de même à pirater des œuvres, c’est que l’abonné a manqué de diligence, et n’a pas suffisamment protégé son accès. Une aberration quand on sait que la grande majorité des abonnés internet a une connaissance très limitée des risques et des solutions techniques. Heureusement que la Hadopi a consacré en 2011 une partie de ses presque 14 millions d’euros de budget annuel à sensibiliser les citoyens ! Ah, en fait, on me fait signe que non ! A ce jour, aucune campagne de sensibilisation ou de pédagogie n’a été proposée par la Hadopi, qui à travers ce décret, s’est contentée de se couvrir juridiquement.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à notre cher retraité. L’intérêt de son audition rue de Texel concerne justement la sécurisation des connexions : la Hadopi lui a conseillé de sécuriser son accès Wi-Fi à l’aide d’un cryptage de type WPA2, protégé par un mot de passe le plus solide possible. Des dispositions techniques lui ont été ensuite fournies par courrier. A notre connaissance, mis à part une intervention du Ministre de la Culture en mai 2010 à l’Assemblée Nationale, c’est la première fois que la Hadopi entre dans le vif technique du sujet, puisqu’elle conseillait jusqu’alors de se référer à nos FAI respectifs (comme c’est pratique).

Que va-t-il advenir de notre retraité dijonnais ?

Si la Hadopi estime qu’une poursuite envers le retraité dijonnais est légitime, elle transmettra le dossier au Parquet. Si celui-ci est saisi, un juge décidera en fonction des éléments du dossier si le retraité mérite d’être sanctionné ou non. Affaire à suivre donc. Toujours est-il que, vu de l’extérieur, ce retraité ressemble autant à une victime qu’à un coupable. Espérons que les faits soient bien étudiés.

Comment sécuriser au maximum sa connexion Wi-Fi ?

Bien sûr, la protection du réseau Wi-Fi est indispensable, en effet avec un cryptage WPA, verrouillé à l’aide d’un mot de passe solide. Eventuellement doublé d’un filtrage MAC (malheureusement contournable). Mais une vraie sécurisation doit être complétée avec ce que les professionnels des réseaux informatiques appellent un « monitoring« , c’est à dire une surveillance constante des accès au réseau Wi-Fi, afin d’être alerté en cas d’intrusion, et de prendre les mesures nécessaires pendant qu’il est temps. Il existe pour cela différents logiciels qui s’installent sur un des ordinateurs du domicile : certains sont vieux, récents, techniques, pratiques, payants, gratuits, en anglais, ou en français, etc. mais au final peu de solutions existent. Panoptinet conseille à ce titre l’adoption du logiciel Achiwa : léger, pédagogique, simple, accessible, en français, gratuit (15 jours d’essai puis 5,98€ pour une licence à vie).

Pauvre retraité, toute cette histoire pour le téléchargement du film « Agence tous risques »… Nous ne sommes pas certains que cela valait le coup ! En particulier s’il a effectivement été victime d’un pirate Wi-Fi, qui lui, court toujours…

 

Source : pcinpact.com

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TAGS AchiwaboxHadopiinternetmot de passenégligence caractériséepédagogiePeer-to-peerpiratagesécuritéWiFi

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«Yé soui Sancho»

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