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C’est quoi le Quantified Self (ou Self Tracking) ?

A l'heure où l'intelligence artificielle est de plsu en plus humaine, le Quantified Self ne serait-elle pas en train de rationaliser à l'extrême l'être humain ?

Cette mode liée à l’explosion des objets connectés vient des États-Unis pour nous permettre de vivre mieux. Est-ce vraiment le cas ? N’implique-t-elle pas certains risques ?

Le Quantified Self (QS) ou Self Tracking (ST) est l’art de mesurer son corps, ou plus précisément les façons dont il réagit aux activités de la vie quotidienne : manger, marcher, dormir, courir, etc. Cette mesure est possible grâce aux multiples appareils connectés qui nous entourent un peu plus chaque jour : smartphones, smartwatches (montres), pèse-personnes, brosses à dent, réfrigérateurs, vêtements et même fourchettes de table ! Ces objets connectés collectent en permanence ou ponctuellement des données relatives à notre corps, avant de les trier, les analyser et finalement les restituer à l’utilisateur sous forme de statistiques ou de conseils.

Le Quantified Self représente d’ores et déjà le renouveau du secteur du bien-être et de la santé. Nous dit-on. D’après le Figaro, un français sur trois se dit prêt à adopter ce mouvement

Quantified Self : où vont les données ?

Le Self Tracking traite des informations qui par définition sont très personnelles : données cardiaques, mesures physiques, hygiène de vie, activités quotidiennes, etc. Du point de vue de l’utilisateur, elles sont collectées et analysées de façon locale, généralement par une application mobile, sur un smartphone qu’il est le seul à utiliser. Ce fonctionnement donne l’impression que les données personnelles ne sont transmises à personne d’autre. Ce qui est faux la plupart du temps.

Un traitement externe des données

Les informations physiques collectées par les objets connectées sont analysées sur les serveurs informatiques du fournisseur de service, puis restituées à l’intéressé sur son objet connecté ou son smartphone. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les objets connectés doivent être… connectés !

Mais les serveurs informatiques sur lesquels sont rapatriées puis stockées nos informations sont-ils suffisamment sécurisés ? Les communications entre objets connectés et serveurs centralisés sont-elles chiffrées, ou sont-elles transmises « en clair », c’est à dire prêtes à être interceptées par des personnes malveillantes ? Quelles seraient les conséquences d’une attaque informatique sur les serveurs de données, comme on en voit de plus en plus (Orange, Domino’s Pizza, etc.) ? Comme souvent, les applications mobiles privilégient le loisir ou le résultat immédiat à la sécurisation des données personnelles…

La marchandisation des données collectées

Si c’est gratuit, c’est vous le produit.

Cette célèbre maxime est encore peu comprise aujourd’hui : à l’instar de Google ou Facebook, les services web et mobiles offerts gratuitement ne relèvent pas de la générosité des grandes entreprises cotées en bourse ! En contrepartie d’un accès gratuit, nos données personnelles sont réutilisées ou revendues par ceux qui les détiennent afin d’en retirer un profit, comme par exemple à travers les publicités ciblées. Souscrire au Quantified Self, c’est donc participer volontairement à l’enrichissement de sociétés marketing ou de régies publicitaires, dont la matière première est nos données personnelles. En l’occurrence nos données de santé.

Sphère privée, sphères publiques

Les objets connectés nous invitent souvent à partager nos relevés sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc.) : mais avec le développement inédit du Quantified Self, partager des données aussi intimes que celles détenues par notre corps ne risque-t-il pas, de façon progressive ou imperceptible, d’exposer encore davantage des informations purement privées ? De surcroît lorsque cette exposition s’exerce sur les réseaux sociaux, qui eux aussi exploitent commercialement nos informations personnelles ?

Enfin, prudence à la façon dont nos objets sont connectés, notamment s’ils sont reliés à Internet via un réseau WiFi mal sécurisé, ou pire encore, complètement ouvert (ex : hotspot WiFi d’un fast-food, d’une gare, d’un parc, etc.) : tous les internautes et objets connectés à ce même réseau pourront alors intercepter nos envois de données, et les lire sans éveiller le moindre soupçon…

En définitive, les adeptes du Quantified Self doivent simplement savoir qu’ils alimentent à leur petite échelle la gigantesque industrie du Quantified People…

Le Self Tracking, un vrai plus pour la santé ?

Dans certains cas, les objets connectés peuvent représenter un vrai plus en matière de santé, notamment lorsqu’ils sont proposés par les médecins à des patients souffrant de maladies chroniques, dont l’état doit être surveillé en permanence : lecteurs de glycémie, tensiomètres connectés, pace-makers de dernière génération, etc.

Mais plus généralement, l’intégration a priori anodine des objets connectés dans nos vies devient de plus en plus prégnante. Certains utilisateurs doivent alors se méfier d’une utilisation aveugle et exagérée des appareils connectés et du Quantified Self : ils sont souvent accompagnés de conseils de santé gratuits (sur les applications, les sites web, les forums) rédigés par des sociétés privées ou une communauté d’utilisateurs non-professionnels, et qui s’adressent à tous de manière indifférenciée (non-personnalisés). Si le Self Tracking doit devenir une composante importante du système de santé de demain – comme certains le prédisent – il peut être utile pour délivrer certains conseils pratiques, mais ne doit pousser à la non-consultation de médecins professionnels ou à l’automédication. D’après l’étude mondiale menée par The Economist Intelligence Unit pour PwC Global Healthcare, la moitié des consommateurs interrogés considèrent que d’ici 3 ans, elle améliorera le coût des soins, leur qualité et leur praticité.

Enfin, avons-nous vraiment besoin de compiler autant de données chiffrées pour optimiser ou perfectionner notre corps, à la manière d’un ordinateur ou d’un robot ? Mais c’est là une autre question…

 

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3 commentaires

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Kalim
18/06/2014 12:31

Et pour aller un peu plus loin dans les « debouches » qui s’offrent aux francais (60% des francais sont « pour » la sante connectee)…
Il y aura ceux qui accepteront d’avoir un bracelet connecte (pour commencer, on ne va quand meme pas passer directement a la puce glissee sous la peau), Axa proposera des tarifs preferentiels. Mais attention, il faudra etre en bonne sante et bien respecter les « 10 000 pas » par jour ;-)
http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2014/06/02/01007-20140602ARTFIG00239-axa-s-associe-a-withings-dans-la-sante-connectee.php

WeSanté traqueur d'activité
25/07/2014 10:53

Le Quantified Self est une innovation majeure à laquelle il faut adhérer si l’on veut améliorer sa santé.
Pour les investisseurs, c’est un marché à conquérir.
Pour les utilisateurs, plus besoin d’attendre un rendez-vous médical pour faire le point sur sa santé ! Enfin, les professionnels ont à leur disposition une base de données pour les aider dans leur diagnostic pendant la consultation.

Bref, que du bon à venir ;-)

Kalim
25/07/2014 11:23

Bien sur, que du « bon a venir » ;-)
On aura plus aucun secret pour son assureur (le reve pour lui !).
Ca signifie que tout le monde devra avoir un smartphone ou un bracelet connecte (pas forcement accessible a tout le monde, que ce soit en terme financier ou d’usage).
Le cout de son assurance « adapte » (avec le risque de voir sa prime augmenter en cas de soucis : fini la mutualisation de la sante).
Et un vrai business pour certains.
Questions :
– quid de la securite des donnees (le 100% securise n’existe pas) ?
– a quand la puce directement implantee sous la peau (bien plus simple mais peut-etre encore trop tot : il ne faut quand meme pas trop brusquer les consommateurs…) ?
– quid des effets des ondes qui vont servir a communiquer entre ces differents appareils numeriques (ne me dite pas que le WIFI, c’est sans effets !) ?
– quid des ressources naturelles qui vont etre necessaires pour fabriquer ces millions d’appareils et qui vont en mettre des millions d’autres a la « retraite » (recyclage) ?