Google demande à ce que les autorités judiciaires aient un accès plus réglementé aux données électroniques (mails, photos, etc.). Un comble pour une entreprise dont le chiffre d’affaire colossal repose essentiellement sur le traitement de nos informations personnelles !
C’est un peu le WTF de la semaine : David Drummond, VP de Google, profite de la Journée mondiale consacrée à la protection des données (Data Privacy Day, 28 janvier 2013) pour publier sur son blog une lettre ouverte réclamant une plus grande protection des données électroniques. Pourtant, le géant américain a bâti son empire économique et financier sur le traitement de ces mêmes données. Deux poids deux mesures ?
David Drummond en appelle précisément à la « mise à jour de l’Electronic Communications Privacy Act (ECPA) afin que vos documents en ligne et vos e-mails soient protégés de la même manière que les documents confidentiels que vous conservez chez vous« . L’ECPA est un projet de loi américain visant à mieux encadrer les activités de surveillance électronique par les autorités.
En effet, les pouvoirs judiciaires peuvent demander à certains opérateurs de la téléphonie et du web (Google, Facebook, FAI, etc.) d’accéder à des données électroniques personnelles ciblées, dans le cadre d’enquêtes en cours. D’ailleurs, selon un rapport Google de 2012, la France fait partie des 5 pays qui demandent à Google le plus de renseignements personnels. Peuvent ainsi être demandés des e-mails, des vidéos, des photos, des heures de connexion, etc.
Google souhaite aider les services de police et de justice à poursuivre les criminels, mais aimerait que ces coopérations ponctuelles soient davantage encadrées qu’actuellement, avec notamment la présentation obligatoire d’un mandat des autorités judiciaires (aux USA). Pourtant, Google n’est pas forcément un modèle de protection de la vie privée…
L’hôpital qui se moque de la charité ?
Depuis sa création, la force de Google est de prélever, analyser et traiter rationnellement nos données de navigation (recherches, visites, heures et lieux de connexion, etc.) pour en tirer un bénéfice, notamment via sa propre régie publicitaire (Adwords). Utilisant des logiciels de recoupement des informations (tels que Analytics), Google propose de nombreuses plateformes nous incitant à découvrir un peu plus notre vie privée : Search, Youtube, Google+, etc.
Plus insidieux, depuis 2006, les Google Cars qui arpentent nos rues pour compléter Google Maps et Google Street View ont patiemment collecté de nombreuses informations personnelles fournies par les réseaux Wi-Fi rencontrés (géolocalisation, SSID, adresses MAC, etc.). Ce feuilleton s’est décliné avec de nombreux épisodes, dont voici les principaux :
-
Google a « pêché » des infos privées par le Wi-Fi
-
Collecte de données Wi-Fi : Google à l’amende ?
-
Protégez votre Wi-Fi de Google avec « _nomap »
-
Google collecte vos données WiFi ? C’est votre faute !
-
Street View : Google stocke encore nos données personnelles
Et si tout cela n’était que communication ?
Etant donné l’importance actuelle de Google, la santé financière de l’entreprise repose désormais autant sur son image que sur sa production réelle. Or la protection de la vie privée et des données personnelles est aujourd’hui devenu un sujet mondial délicat, sur lequel les grandes entreprises du web doivent absolument se placer. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que, cette semaine, pour rattraper les conséquences d’une visite controversée d’Eric Schmidt (PDG de Google) en Corée du Nord le 7 janvier dernier, Google Maps propose cette semaine une avancée importante dans la cartographie et la vue satellite des abords de Pyongyang (avec notamment la mise en évidence des goulags locaux).
Ce n’est pas non plus anodin si Google et Facebook font partie des principaux sponsors de la Journée mondiale consacrée à la protection des données… Les débats sur la protection des données électroniques ont encore de beaux jours devant eux !
Source : telerama.fr
Image : Michelangelo Buonarroti [Public domain], via Wikimedia Commons


Nouvelle campagne de hameçonnage façon CAF
Pourquoi un mot de passe solide n’est pas toujours suffisant ?
PRISM, the dark side of Oncle Sam
1 commentaire
Google réclame une meilleure protection des données personnelles (sic) ! | Panoptinet | Chronique des Droits de l'Homme | Scoop.it a dit :
1 février 2013 à 8 h 25 min (UTC 2)
[...] Google souhaite que les autorités aient un accès plus réglementé à nos données électroniques. Un comble pour le roi du traitement des informations personnelles ! [...]